Mon 1er Roman - Les Ombres de Montverre - Tome 3
Chapitre 1 : Le Voyage vers l’Inconnu
Paris, automne 1893.
La lettre était posée sur la table de l’atelier, à côté d’une tasse de thé à moitié bue. Éloi l’avait relue une dizaine de fois, les doigts tremblants d’excitation. Elle venait d’un ami italien, le comte Alessandro Volpe, un homme excentrique et ouvert d’esprit qui leur proposait son aide pour organiser un mariage discret à Rome.
— "Tu es sûr ?" demanda Léandre, en observant le visage
rayonnant d’Éloi.
— "Jamais je n’ai été aussi sûr de quoi que ce soit." Éloi
prit la main de Léandre. "Rome est la ville éternelle. Et notre amour…
il mérite d’y être scellé pour l’éternité."
Ils partirent une semaine plus tard, sous prétexte d’un voyage d’études pour Éloi. Le comte de Montverre, bien que réticent, ne s’opposa pas. Peut-être avait-il enfin compris que la lutte était vaine.
Chapitre 2 : Rome, la Ville Éternelle
Rome les accueillit sous un ciel bleu azur, baignée dans une lumière dorée qui semblait sortir des pierres elles-mêmes. Les rues pavées, les fontaines baroques, les églises majestueuses… **Tout ici respirait l’histoire, l’art, et une forme de liberté qu’ils n’avaient jamais connue à Paris.
Le comte Alessandro les attendait dans son palais du Trastevere,
une demeure ancienne aux murs couverts de fresques et de tapisseries.
— "Bienvenue, mes amis. Ici, vous serez en sécurité." Il
leur offrit un verre de vin. "Et demain, vous serez unis."
Cette nuit-là, ils se promènent le long du Tibre, les
doigts entrelacés, savourant cette sensation de liberté.
— "Tu ne regrettes rien ?" murmura Léandre.
— "Rien. Pas même Montverre." Éloi sourit. "Enfin…
si. Un peu. Mais je sais que nous y retournerons. Un jour."
Chapitre 3 : La Cérémonie Secrète
Le mariage eut lieu dans une petite chapelle cachée, éclairée par des bougies et des vitraux colorés. Seul le comte Alessandro et deux témoins – des amis italiens de confiance – étaient présents.
Léandre portait un costume noir, simple mais élégant, tandis qu’Éloi avait choisi une veste de velours bleu nuit, brochée de fils d’or, qui faisait ressortir la clarté de ses yeux.
Le prêtre, un homme âgé aux mains tremblantes, les regarda
avec bienveillance.
— "Vous êtes ici pour sceller un amour que Dieu lui-même a béni. Que votre
union soit aussi éternelle que cette ville."
Quand ils échangèrent leurs vœux, la voix de
Léandre trembla légèrement, mais ses yeux ne quittèrent jamais ceux
d’Éloi.
— "Je te promets de t’aimer, dans cette vie et dans toutes celles qui
suivront. Peu importe les obstacles, peu importe les regards. Tu es mon cœur,
Éloi. Et je ne te lâcherai jamais."
Éloi, les larmes aux yeux, répondit :
— "Et moi, je te promets de te peindre, de t’écrire, de te chanter…
jusqu’à ce que le monde entier sache à quel point je t’aime."
Quand ils s’embrassèrent, le prêtre sourit, et le comte Alessandro leur tendit deux anneaux en or simple, gravés de leurs initiales entrelacées.
Chapitre 4 : La Nuit de Noces
Ils passèrent leur nuit de noces dans une suite du palais Volpe, décorée de roses blanches et de bougies parfumées.
Éloi avait préparé une surprise : un portrait de
Léandre, peint dans le secret, où il était représenté
nu, baigné dans une lumière dorée, comme un dieu antique.
— "Je l’ai fait pour toi. Pour notre première nuit en tant que
mariés."
Léandre, ému aux larmes, l’enlaça avec une
tendresse infinie.
— "Tu es fou, Éloi. Fou… et merveilleux."
Cette nuit-là, ils firent l’amour avec une lenteur et une profondeur qu’ils n’avaient jamais connues. Chaque caresse, chaque souffle, chaque murmure était une promesse, un serment, une prière.
Chapitre 5 : Le Retour à Montverre
Un mois plus tard, ils décidèrent de rentrer à Montverre. Le comte, informé de leur mariage, les attendait dans le grand salon.
Léandre et Éloi entrèrent main dans la main, sans
crainte, sans honte.
— "Père…" commença Léandre.
Le comte les regarda longuement, son visage impassible.
Puis, il se leva et s’approcha d’eux.
— "Je ne comprends toujours pas. Mais…" Il marqua une pause.
"Je vois que vous êtes heureux. Et peut-être… peut-être que c’est tout
ce qui compte."
Il tendit une clé à Léandre.
— "La maison de gardien est vide. Elle est à vous, si vous le
souhaitez. Vous y serez… libres."
C’était une trêve. Pas une acceptation totale, mais un pas en avant.
Chapitre 6 : La Vie à Montverre
Ils s’installèrent dans la maison de gardien, un petit cottage au bord de la forêt, entouré de cèdres et de roses sauvages.
- Éloi peignait, inspiré par la beauté du domaine et par l’amour qu’il partageait avec Léandre.
- Léandre écrivait, capturant leurs souvenirs, leurs rêves, leurs espoirs dans des mots qui semblaient danser sur le papier.
Un soir, alors qu’ils étaient assis devant la cheminée, Éloi
sortit une toile qu’il avait cachée.
— "Regarde."
C’était une représentation d’eux deux, debout sous
le cèdre de leur première rencontre, enlacés, avec en
arrière-plan le domaine de Montverre.
— "Notre histoire, de début à… maintenant."
Léandre accrocha le tableau au-dessus de la cheminée, à la place d’honneur.
Chapitre 7 : La Réconciliation Familiale
Le comte, peu à peu, s’habitua à leur présence. Il venait parfois leur rendre visite, sous prétexte de discuter de la gestion du domaine, mais Léandre savait qu’il cherchait simplement à mieux les connaître.
Un jour, il apporta un vieux livre de généalogie.
— "J’ai trouvé ça dans la bibliothèque. Il semble que…" Il
hésita. "Il semble que nous ayons eu, dans notre famille, d’autres…
unions similaires. Des cousins, des oncles…" Il ferma le livre. "Peut-être
que cela a toujours fait partie de nous, sans que nous le sachions."
C’était sa manière à lui de leur dire : Vous n’êtes pas seuls. Vous n’êtes pas des monstres.
Chapitre 8 : L’Héritage de Montverre
Un an plus tard, le comte tombait malade. Sur son lit de mort, il appela Léandre et Éloi à son chevet.
— "Je vous lègue le domaine." Il leur tendit un parchemin. "À une condition : que vous en fassiez un lieu où l’amour, sous toutes ses formes, sera toujours le bienvenu."
Léandre, les larmes aux yeux, prit la main de son père.
— "Nous le ferons. Je te le promets."
Le comte sourit faiblement.
— "Je sais. Et…" Il regarda Éloi. "Prenez soin de
lui. Il est plus fragile qu’il n’y paraît."
Chapitre 9 : Le Nouveau Départ
Le comte mourut en paix, sachant que Montverre était entre de bonnes mains.
Léandre et Éloi devinrent les nouveaux maîtres du domaine. Ils transformèrent le manoir en un lieu d’accueil pour les artistes, les écrivains, les rêveurs… et tous ceux qui, comme eux, avaient besoin d’un refuge.
Un jour, alors qu’ils se tenaient sous leur cèdre
préféré, Éloi murmura :
— "Tu te souviens de notre première rencontre, ici ?"
— "Comment pourrais-je l’oublier ?" Léandre sourit. "C’était
le jour où tout a commencé."
Éloi sortit une petite boîte de sa poche.
— "J’ai quelque chose pour toi."
À l’intérieur, un anneau en or, identique à celui
qu’ils avaient échangé à Rome.
— "Pour renouveler nos vœux. Ici. À Montverre."
Léandre l’enfilé à son doigt, les yeux brillants.
— "Et si on le faisait chaque année ? Sous ce cèdre ?"
Éloi l’embrassa avec tendresse.
— "C’est une tradition que je suis prêt à suivre."
Épilogue : L’Éternel Retour
Dix ans plus tard.
Montverre était devenu un lieu de pèlerinage pour les amants de l’art et de la liberté. Léandre et Éloi, toujours aussi passionnés l’un pour l’autre, accueillaient le monde avec une générosité sans limites.
Leur cèdre était toujours là, plus grand, plus fort, témoin silencieux de leur amour.
Et chaque année, à la date anniversaire de leur mariage, ils se tenaient sous ses branches, renouvelant leurs vœux, sourire aux lèvres et cœur léger.
Car ils savaient une chose : Peu importe les épreuves, peu importe les regards, leur amour était plus fort que tout. Et Montverre, désormais, était leur royaume.
Fin

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