Mon 1er Roman - Les Ombres de Montverre

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Voici mon premier Roman 
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Les Ombres de Montverre

Prologue : Le Domaine des Secrets

L’été 1892 s’installait sur le domaine de Montverre comme une toile de maître, où chaque détail semblait peint avec une précision presque sacrée. Les cèdres centenaires, imposants et mystérieux, étendaient leurs branches comme des bras protecteurs au-dessus des allées de gravier. L’air était lourd de l’odeur des roses sauvages, mêlée à celle, plus subtile, de l’humidité montant de la rivière qui serpentait à travers la propriété. C’était un lieu où le temps semblait suspendu, où les ombres dansaient avec la lumière du soleil couchant, et où chaque souffle de vent portait avec lui des murmures d’histoires anciennes.

C’est dans ce décor que deux âmes solitaires, aussi différentes que complémentaires, allaient se rencontrer, s’aimer, et peut-être, se perdre.

Chapitre 1 : L’Héritier et l’Artiste

Léandre de Montverre avait vingt-deux ans, et depuis toujours, il errait dans les couloirs sombres du manoir familial comme une ombre. Grand, élancé, il avait des cheveux bruns légèrement ondulés qui tombaient avec négligence sur son front, et des yeux verts, profonds et insondables, comme ceux d’un homme qui a trop vu et trop peu parlé. Il portait généralement des vêtements sombres, comme s’il cherchait à se fondre dans l’obscurité des bibliothèques où il passait ses journées. Les livres étaient ses seuls amis, les mots ses seuls confidents. Sa famille, bien que riche et respectée, ne comprenait pas cette mélancolie qui le rongeait. On lui avait présenté des dizaines de jeunes femmes de bonne famille, mais aucune n’avait su éveiller en lui la moindre étincelle. Il se sentait comme un fantôme dans sa propre vie, jusqu’à ce jour d’été où tout allait changer.

Éloi Delacroix, lui, avait vingt ans et l’âme d’un artiste en ébullition. Blond, les cheveux longs attachés en une queue-de-cheval désordonnée, il avait des yeux bleus clairs, aussi lumineux que le ciel de juin. Il portait des vêtements tachés de peinture, comme s’il ne pouvait se résoudre à se séparer de son art, même pour se vêtir. Il était venu à Montverre sur invitation du comte, père de Léandre, pour capturer sur toile la beauté sauvage du domaine. Mais ce qu’il allait y trouver dépasserait tout ce qu’il avait jamais imaginé.

Leur première rencontre eut lieu sous le cèdre préféré de Léandre, un arbre si vieux que ses racines semblaient plonger jusqu’au cœur de la terre. Léandre était assis, un livre de poésie à la main, quand Éloi passa à côté de lui, un carnet de croquis sous le bras. Leurs regards se croisèrent, et pendant un instant, le monde cessa de tourner. Léandre sentit une chaleur étrange l’envahir, comme si le soleil lui-même avait décidé de se concentrer sur lui. Éloi, surpris par l’intensité de ce regard, sourit timidement avant de baisser les yeux et de continuer son chemin.

Mais quelque chose avait changé. Pour la première fois, Léandre ressentit l’envie irrésistible de parler à quelqu’un.

Chapitre 2 : Les Mots Non Dits

Les jours suivants furent marqués par une tension palpable. Léandre se surprit à chercher Éloi du regard, à guetter sa présence près de l’atelier improvisé dans l’ancienne orangerie. Éloi, de son côté, semblait tout aussi captivé, bien qu’il fît mine de ne rien remarquer.

Un après-midi, alors qu’Éloi peignait près du lac, Léandre s’approcha, un livre à la main, feignant de lire. Le peintre leva les yeux, surpris de voir l’héritier si proche de lui.

— C’est… magnifique, murmura Léandre en désignant la toile où Éloi avait capturé la lumière dorée de l’après-midi sur l’eau.
Éloi sourit, un peu gêné.
— Merci. Mais je pense que la réalité est bien plus belle que ce que je peux en capturer.

Un silence s’installa, chargé d’une émotion nouvelle. Léandre sentit son cœur battre plus vite, et pour la première fois, il osait espérer qu’il n’était pas le seul à ressentir cette étrange connexion.

— Je m’appelle Léandre, dit-il enfin, les joues légèrement roses.
— Éloi, répondit le peintre en tendant une main tachée de peinture.

Quand leurs doigts se frôlèrent, Léandre sentit un frisson parcourir son échine. Ce simple contact était plus éloquent que tous les mots du monde.

Chapitre 3 : Les Promenades Interdites

Les jours qui suivirent furent remplis de promenades secrètes le long de la rivière, de discussions sous les cèdres, et de regards volés. Éloi parlait avec passion de son art, de ses rêves, de sa vision du monde, tandis que Léandre écoutait, fasciné par cette énergie qui émanait de lui.

Un soir, alors que le soleil couchait teintait le ciel de rouge et d’or, Éloi s’arrêta soudain et fixa Léandre avec une intensité qui le fit rougir.

— Pourquoi… pourquoi tu me regardes comme ça ? demanda Léandre, le cœur battant à tout rompre.
Éloi sourit, et sans un mot, il effleura sa joue du bout des doigts.

Léandre ferma les yeux, savourant cette caresse comme une révélation. Il savait, au fond de lui, que cette touche légère avait changé quelque chose en lui pour toujours.

Chapitre 4 : Le Premier Baiser

Une semaine plus tard, alors qu’une tempête d’été grondait au loin, ils se réfugient dans une vieille serre abandonnée, entourés de plantes exotiques et de fleurs fanées. La pluie tambourinait sur le toit de verre, créant une mélodie envoûtante qui semblait isoler le monde extérieur.

Éloi regardait Léandre avec une intensité qui le fit trembler. Sans un mot, il se rapprocha, et leurs lèvres se rencontrèrent pour la première fois. Ce fut d’abord un baiser timide, presque hésitant, comme s’ils craignaient de briser la magie du moment. Mais rapidement, la passion prit le dessus. Léandre sentit le goût de la peinture et du thé sur les lèvres d’Éloi, et ce baiser lui fit oublier le monde entier.

Quand ils se séparèrent enfin, Éloi murmura, la voix tremblante :
— Je… je ne sais pas ce qui m’arrive, Léandre. Mais je ne veux plus m’arrêter.

Léandre, les joues en feu, répondit d’une voix tout aussi tremblante :
— Moi non plus.

Chapitre 5 : La Nuit des Confessions

Cette nuit-là, Éloi rejoignit Léandre dans sa chambre, sous prétexte de lui montrer une esquisse. Mais quand la porte se referma derrière eux, les masques tombèrent.

Éloi embrassa Léandre avec une fougue qui le surprit. Il le poussa doucement contre le mur, ses mains explorant le corps de Léandre comme s’il cherchait à graver chaque détail dans sa mémoire.

— Je t’ai désiré depuis le premier jour où je t’ai vu sous ce cèdre, avoua-t-il, la voix rauque d’émotion.

Léandre, submergé, l’attira contre lui.
— Moi aussi… mais je n’osais pas y croire.

Leurs vêtements tombèrent un à un, et pour la première fois, ils se découvrirent l’un l’autre, sans honte, sans peur. La lune, filtrant à travers les rideaux, éclairait leurs corps enlacés, comme pour bénir cette union secrète.

Chapitre 6 : L’Amour sous les Cèdres

Les semaines qui suivirent furent un tourbillon de bonheur volé. Ils se volaient des baisers dans les couloirs déserts, des caresses sous les arbres, des nuits entières à se murmurer des mots doux, des promesses, des rêves.

Un matin, Éloi offrit à Léandre un tableau : une représentation des deux jeunes hommes sous le cèdre, enlacés, baignés dans une lumière dorée qui semblait venir de l’intérieur même de la toile.

— Pour que tu te souviennes… de nous, dit Éloi en le lui tendant.

Léandre, ému aux larmes, accrocha le tableau au-dessus de son lit.
— Je n’ai pas besoin de tableau pour me souvenir, Éloi. Je t’ai dans le cœur… pour toujours.

Épilogue : L’Héritage de Montverre

Les années passèrent, et leur amour grandit, secret mais indestructible. Le comte de Montverre finit par accepter cette relation, peut-être parce qu’il vit à quel point son fils avait enfin trouvé la paix. Éloi continua à peindre, mais désormais, ses toiles étaient emplies d’une nouvelle lumière, celle de l’amour qu’il partageait avec Léandre.

Un jour, alors qu’ils se tenaient sous leur cèdre préféré, Éloi prit la main de Léandre et murmura :
— Et si on partait ? Juste tous les deux. Loin d’ici, loin des regards, loin des attentes.

Léandre sourit, et pour la première fois depuis longtemps, il se sentit libre.
— Oui. Allons où tu veux. Tant que je suis avec toi.

Et sous les branches protectrices du cèdre, ils scellèrent leur promesse d’un baiser, aussi doux que leur amour était profond.

Fin.

 



 

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