Mon 1er Roman - Les Ombres de Montverre - Tome 2
Chapitre 1 : Le Retour à Paris
Un an plus tard.
La diligence roulait sur les pavés de Paris, soulevant des nuages de poussière qui collaient aux vitres. À l’intérieur, Léandre de Montverre, vêtu d’un costume sombre et élégant, fixait le paysage urbain avec une mélancolie discrète. À ses côtés, Éloi Delacroix, les cheveux blonds légèrement ébouriffés par le vent, feuilletait un carnet de croquis, les doigts encore tachés de peinture séchée.
Ils étaient de retour dans la capitale, loin des cèdres de Montverre, loin de l’isolement protecteur du domaine. Le comte avait enfin accepté leur union, mais à une condition : qu’ils s’installent à Paris, où la société, plus ouverte, leur permettrait de vivre leur amour sans trop de regards indésirables. Du moins, en théorie.
Éloi leva les yeux vers Léandre, un sourire en coin.
— "Tu regrettes déjà le domaine ?"
Léandre sourit à son tour, mais son regard resta pensif.
— "Non. Je regrette seulement… l’absence de secrets. Là-bas, nous
étions libres d’être nous-mêmes sans craindre les jugements. Ici…" Il
désigna la rue animée par un geste discret. "Ici, nous devrons faire
attention."
Éloi posa sa main sur celle de Léandre, leurs doigts s’entrelaçant.
— "Alors nous serons discrets. Mais nous ne nous cacherons pas."
Chapitre 2 : L’Atelier de la Rue des Martyrs
Ils s’installèrent dans un appartement modeste de la Rue des Martyrs, où Éloi avait loué un atelier au dernier étage. Les murs étaient couverts de toiles inachevées, et la lumière du nord, filtrant à travers les grandes fenêtres, baignait la pièce d’une clarté dorée.
Léandre, qui avait toujours vécu dans l’opulence, dut s’adapter à cette vie plus simple. Mais il ne s’en plaignait pas. Voir Éloi peindre, perdu dans son art, le remplissait d’une fierté et d’un amour qu’il n’avait jamais connus auparavant.
Un soir, alors qu’Éloi travaillait sur une toile représentant Léandre
endormi sous le cèdre, ce dernier s’approcha par-derrière et l’enlaça,
posant son menton sur son épaule.
— "Tu me regardes comme si j’étais une œuvre d’art."
Éloi sourit, sans cesser de peindre.
— "Parce que tu l’es. Mon chef-d’œuvre préféré."
Léandre embrassa sa nuque, et Éloi frissonna.
— "Attends que la peinture sèche, murmura-t-il en riant. Sinon, je vais
te tacher."
Mais Léandre n’écouta pas. Il fit tourner Éloi sur son tabouret et l’embrassa avec une passion qui fit tomber le pinceau par terre.
Chapitre 3 : L’Intrigue – Une Ombre du Passé
Un matin, alors qu’Éloi était parti acheter des fournitures, Léandre reçu une lettre anonyme, glissée sous leur porte. L’écriture était tremblante, presque illisible, mais le message était clair :
"Je sais ce que vous êtes. Et je sais ce que vous faites. Arrêtez, ou je révèle tout."
Léandre sentit son sang se glacer. Qui pouvait savoir ? Ils avaient été si prudents… À moins que quelqu’un de Montverre les ait suivis.
Il cachait la lettre quand Éloi revint, mais ce dernier remarqua tout de
suite son trouble.
— "Qu’est-ce qui ne va pas ?"
Léandre hésita, puis lui tendit la lettre.
— "Quelqu’un nous observe. Quelqu’un nous menace."
Éloi pâlit, mais son regard se durcit.
— "On ne va pas se laisser faire. Pas après tout ce qu’on a
traversé."
Chapitre 4 : La Tension – Un Bal Masqué
Pour découvrir qui les espionnait, ils décidèrent de se rendre à un bal masqué, organisé par un ami d’Éloi, le comte de Vexin, un homme excentrique et ouvert d’esprit.
Sous leurs masques, ils pouvaient se permettre des libertés qu’ils s’interdisaient en public.
- Léandre, vêtu d’un costume noir et d’un masque doré, observait la foule avec méfiance.
- Éloi, habillé en arlequin, multi-coloré et étincelant, dansait avec légèreté, mais ses yeux scrutaient chaque visage.
À un moment, une main se posa sur l’épaule de Léandre.
— "Vous semblez tendu, Monsieur de Montverre." Une voix
féminine, douce, mais teintée d’ironie.
Il se retourna et vit une femme masquée, vêtue d’une robe
noire et or, qui le fixait avec intensité.
— "Je ne sais pas de quoi vous parlez, Madame."
— "Si. Vous savez très bien." Elle sourit, mystérieuse. "Je
suis une amie. Et je peux vous aider… si vous le souhaitez."
Avant qu’il ne puisse répondre, elle disparut dans la foule.
Chapitre 5 : La Passion – Une Nuit d’Orage
De retour à l’atelier, la tension entre eux était palpable.
— "Tu crois qu’elle disait vrai ?" demanda Léandre, en
enlevant son masque.
— "Je ne sais pas. Mais une chose est sûre…" Éloi s’approcha
de lui, les yeux brillants. "On ne va pas se laisser gâcher notre
bonheur par des menaces."
Il dénoua la cravate de Léandre, puis défit lentement
les boutons de sa chemise, tout en l’embrassant avec une urgence
grandissante.
— "On est ensemble, Léandre. Rien ne changera ça."
La pluie commença à tambouriner contre les vitres, comme
pour sceller leur union.
Cette nuit-là, ils firent l’amour avec une passion désespérée,
comme si chaque caresse, chaque baiser, pouvait être le dernier.
Chapitre 6 : La Révélation – Le Visage derrière le Masque
Le lendemain, la femme masquée du bal leur envoya un mot :
"Retrouvez-moi à l’église Saint-Laurent, à minuit. Je sais qui vous
menace."
À minuit pile, ils se rendirent à l’église, le cœur battant. La femme était là, debout devant l’autel, son masque à la main.
Quand elle se retourna, Léandre eut un choc.
C’était Camille de Montverre, la cousine éloignée
de Léandre, une femme qu’il avait à peine croisée lors de son enfance.
— "Je ne voulais pas vous faire peur. Mais je savais que vous aviez
besoin d’aide." Elle sourit, triste. "Notre famille… elle
n’accepte pas facilement les différences. Et votre amour en est une qu’ils ne
pourront jamais comprendre."
Elle leur révéla que le comte de Montverre avait engagé un détective privé pour les surveiller, dans l’espoir de les séparer par la honte.
Chapitre 7 : La Décision – Fuir ou Se Battre ?
De retour à l’atelier, Léandre et Éloi discutèrent toute la nuit.
— "On pourrait partir. Loin de tout ça." proposa Éloi.
— "Et puis quoi ? Fuir toute notre vie ?" Léandre serrait
les poings. "Non. Si nous partons, nous leur donnons raison. Nous
devons rester. Et nous battre."
Éloi le regarda, admiratif et inquiet à la fois.
— "Alors on se bat. Ensemble."
Chapitre 8 : L’Affrontement – La Lettre au Comte
Ils décidèrent d’écrire une lettre au Comte de Montverre, sans menaces, sans supplications, mais avec une dignité qui forçait le respect.
"Mon cher Conte, Nous savons que vous nous faites surveiller. Nous savons que vous espérez nous séparer. Mais sachez une chose : notre amour n’est pas une honte. Il est notre force. Si vous continuez à nous pourchasser, nous ne fuirons pas. Nous resterons, et nous vivrons notre vie comme nous l’entendons. Avec ou sans votre bénédiction. Votre neveu, Léandre. P.S. : Éloi vous salue."
Chapitre 9 : La Réconciliation – Un Retour à Montverre
Trois semaines plus tard, une réponse arriva.
"Venez à Montverre. Nous devons parler."
Le cœur lourd, ils prirent le train pour le domaine.
Le comte les attendait dans le salon principal, son
visage impassible.
— "Vous avez du cran, tous les deux." Il marqua une pause. "Je ne comprends pas votre… choix. Mais je vois que vous êtes heureux. Et peut-être…" Il soupira. "Peut-être que c’est tout ce qui compte."
Ce n’était pas une acceptation totale, mais c’était un début.
Chapitre 10 : L’Épilogue – Un Nouveau Départ
De retour à Paris, Léandre et Éloi décidèrent de ne plus se cacher.
- Éloi organisa une exposition, où il présenta une série de toiles représentant leur amour, sous des métaphores poétiques.
- Léandre, lui, commença à écrire un roman, inspiré de leur histoire.
Un soir, alors qu’ils regardaient les étoiles depuis leur balcon,
Éloi murmura :
— "Et si on se mariait ? Pas ici, bien sûr. Mais quelque part… où
personne ne pourrait nous en empêcher."
Léandre sourit, les yeux brillants.
— "Oui. Quelque part où nous serons libres."
Fin

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